• Aurélia Basso

Plaisir compensateur & stress chronique : comment sortir de l'inertie?

Mis à jour : avr. 6


SOMMAIRE

1. Des réflexes de plaisirs compensateurs bien ancrés

2. Résister, fuir ou s'adapter : les choix face à la situation de stress chronique

2.1 Résister coûte que coûte

2.2 Eloigner la source du problème

2.3 Travailler sur soi

3. Les réflexes de survie pour résister

3.1 Des réflexes compensateurs à l'addiction

3.2 L'importance de l'immédiateté dans le plaisir compensateur

4. Comment sortir de l'inertie?



1. Des reflexes de plaisirs compensateurs bien ancrés


Le plaisir est une notion fondamentale qui va conditionner l'acceptation sur la durée d'un changement dans ses habitudes. Notre instinct de survie nous dicte de produire le minimum d'effort pour obtenir un résultat. Nous avons naturellement tendance à choisir des plaisirs et des récompenses faciles et immédiates, en particulier lorsque nous sommes en proie aux émotions liées au stress : colère, peur ou encore tristesse etc. Ainsi, il est particulièrement difficile de modifier ses habitudes dans ces conditions. Toute réforme dans sa vie pourra être suivie sur le long terme si l'on se donne les moyens de ne plus être soumis à un stress chronique, ou du moins d'être en mesure de gérer suffisamment ses effets pour reprendre les rênes de sa vie.


2. Résister, fuir ou s'adapter : les choix face à la situation de stress chronique


  • Encaisser la situation pour préserver sa place dans l'espoir d'un changement

  • S'éloigner définitivement de la source du problème (exemple : quitter un emploi qui nous stress plus que de raison)

  • Modifier son point de vue sur les évènements pour aborder les choses différemment.


2.1 Résister coûte que coûte


Dans un premier temps (qui peut durer des années), la plupart d'entre nous choisiront de se maintenir dans une situation inconfortable. On pourrait croire que ce n'est pas la solution la plus facile, et pourtant si. Pourquoi ? Car nous restons dans notre zone de "confort" : l'emploi que nous avons réussi à décrocher, même s'il nous créé du stress et du mal être au quotidien, est sans doute plus facile à accepter que de se retrouver à nouveau au chômage, synonyme de défaite sociale et de problèmes financiers, générateurs de nombreux autres soucis. La perte d'un acquis, même difficile à vivre, peut être psychologiquement déchirante, et on essayera bien souvent de repousser une décision radicale le plus longtemps possible.

Sans aide extérieure, il est très difficile de changer les choses. En phase de résistance (voir article sur les mécanismes du stress) nous poussons notre capacité d'adaptation au stress jusqu'à ses derniers retranchements, jusqu'à ce qu'arrive "la goutte qui fait déborder le vase". Cela peut être votre supérieur hiérarchique qui vous inflige la brimade de trop, ou votre charge de travail et la pression pesant sur vos épaules qui ne cesse d'augmenter malgré tous vos efforts. Bref, lors de cette phase, il y a de fortes chances que vous ne vous rendiez compte de rien sur votre état, ou que vous en fassiez fi par obligation, et que vous attendiez inconsciemment cette "goutte de trop", ce point de rupture dont vous ne sortirez pas indemne.


2.2 Eloigner la source du problème


Dans le meilleur des cas, cette "goutte de trop" vous donnera l'élan pour quitter votre travail. Vous vous engagerez alors :

  • dans une procédure aux prud'hommes

  • des négociations amiables pour une rupture conventionnelle

  • ou vous claquerez simplement la porte

Même si c'est parfois tentant, je vous déconseille vivement de choisir la dernière option pour des questions juridiques, mais aussi si vous n'avez pas les moyens financiers de vous le permettre. Les deux options précédentes vous demanderont encore beaucoup de courage et de résistance, et cette fois, vous ne pourrez pas faire l'économie de vous faire accompagner si vous voulez partir avec dignité et avec davantage que vos yeux pour pleurer.

Dans le pire des cas -néanmoins courant- certaines personnes finissent par tomber malade (dépression, cancer...) à cause d'une situation qui dépasse ce qu'elles peuvent supporter. Cette maladie pourrait devenir une porte de sortie vers d'autres choix, plus en accord avec elles-mêmes, cependant, ne vaut-il pas mieux s'abstenir d'en arriver à cet extrême car l'issue n'est pas heureuse pour tout le monde.


2.3 Travailler sur soi


Si vous êtes du genre philosophe, ouvert à l'introspection et la remise en question, vous pourrez tenter de changer votre angle de vue sur la situation. Cette voie demande du temps, de l'énergie, elle peut être empruntée si vous avez encore suffisamment de ressource en vous-même. Par contre, si vous vous sentez déjà abîmé par la situation, à moins de vous faire accompagner de près par un professionnel, les chances de réussite seront minces sur le moyen/long terme.


3. Les réflexes de survie pour résister


Lorsque vous vivez une situation stressante sur le long terme, vous allez mettre en place des mécanismes : des réflexes de survie. Ces réflexes auront pour objectif de compenser le déplaisir, la frustration, que vous aurez vécue et vous permettront de résister plus longtemps. Le but -souvent inconscient- est de maintenir sa routine de vie sans devoir en changer. Ceci est perçu comme un moindre mal.

Vous allez alors vous tourner vers des produits excitants/satisfaisants (voici une liste non exhaustive des produits les plus couramment consommés) :

  • Café, thé noir

  • Alcool (ex : le(s) verre(s) en rentrant d'une rude journée)

  • Sucreries (ex : gâteaux, bonbons, chocolat..)

  • Tabac

  • Boissons énergisantes


3.1 Des réflexes compensateurs à l'addiction


Au fur et à mesure que le temps passe et que le stress dure, vos réflexes vont se muer en habitudes compensatrices, votre consommation risque d'augmenter, de se diversifier, et de se transformer en routine, même les jours où vous n'en ressentirez pas vraiment le besoin. Le plaisir important ressenti les premières fois s'estompera rapidement et vous aurez bientôt le besoin d'en consommer plus, comme une drogue.

Vous entrez alors dans un cercle infernal :

  • vous prenez du poids, tous vos régimes échouent ce qui influe négativement sur votre moral

  • vous surchargez votre foie

  • vous agressez votre intestin ce qui influe aussi sur votre cerveau en bloquant les neurotransmetteurs impliqués dans le plaisir, la motivation, la qualité du sommeil etc.

Bref, c'est l'inertie. Chez certaines personnes, l'usage de drogue apparaît comme une nécessité pour supporter la situation : cannabis pour s'anesthésier, héroïne pour se sentir surpuissant ou encore alcool pour oublier.



3.2 L'importance de l'immédiateté dans le plaisir compensateur


Dans une période difficile, mettre en place de nouvelles habitudes tournées vers un "plaisir sain"* est très compliqué. Pourquoi ? Parce que les "plaisirs sains" nécessitent souvent d'être découverts ou redécouverts dans une société gorgée de plaisirs chimiquement puissants pour notre cerveau, et à terme mauvais pour notre santé. Les "plaisirs sains" nécessitent souvent qu'on prenne du temps pour soi alors que notre rythme de vie ne nous le permet pas, ou que nous décidons tout seul de ne pas nous en accorder. Les "plaisirs sains" nécessitent parfois un effort, un changement d'habitude ou des moyens financiers. Souvent, ils ne font pas le poids pour un organisme soumis au stress chronique, alors avide de satisfaction, de réconfort immédiat. Voici quelques exemples de "plaisirs sains" :

  • Aller au SPA, se faire masser, faire un hammam, un sauna

  • Faire du sport (mais sans excès pour ne pas tomber dans l'effet inverse)

  • Faire une sieste

  • Manger un fruit frais

  • Prendre un jus de légumes et de fruits fraîchement pressé

  • Se promener en pleine nature un jour ensoleillé

  • Créer (peinture, dessin..)

Vous remarquerez que la plupart de ces "plaisirs sains" ne peuvent pas être immédiats. Rares sont les entreprises qui mettent à disposition un extracteur de jus et un panier de fruits et légumes. Par contre, nombreuses sont les entreprises à mettre à disposition une cafetière et un distributeur automatique avec sodas et sucreries. Le sport et le SPA ne peuvent être accessibles que lorsqu'on a du temps et demandent de l'argent ou de l'énergie, alors que le tabac, le café, les sucreries, sont beaucoup plus faciles d'accès et stimulent fortement notre circuit de récompense.



4. Comment sortir de l'inertie?


Le stress chronique vous plonge en mode survie, vous n'êtes plus vraiment vous-même. Vous mettez en place des stratégies pour tenir, ces produits excitants vous donnent cette illusion mais seulement jusqu'à un certain point. Au-delà de ce point critique qui dépend de la résistance de chacun, c'est le burn-out.

Lorsque vous vous trouvez dans cette situation, il est primordial de réagir rapidement. S'extraire de l'inertie provoquée par le stress chronique passe par une véritable éducation/rééducation aux "plaisirs sains", à une découverte/redécouverte du Sens de sa propre vie, à un retour aux valeurs humaines et au respect de soi. Si vous ne savez pas par où et comment commencer, faites le choix de vous faire aider. Non par un collègue de travail, ni par la voisine de palier, mais par une personne dont c'est le métier : la naturopathie peut vous accompagner dans cette période difficile et vous aider à avancer vers le mieux-être.

Si vous vous trouvez dans ce cas de figure, vous pouvez contacter une naturopathe certifiée d'Etat en cliquant ICI ou téléphoner directement au 06.84.47.39.11 pour discuter de votre situation.


Si vous aimez l'art et créer, l'art-thérapie peut vous aider à retrouver l'estime de vous-même par le plaisir de l'expression : Virginie Duthil, artiste et art-thérapeute.


Si vous subissez un stress chronique au travail et que vous envisagez une action aux prud'hommes ou souhaitez vous faire accompagner pour négocier un départ à l'amiable : Maître Carine Amouriq, Avocate en droit du travail à Lyon.



*Je met délibérément des guillemets à la notion de "plaisirs sains" car il ne s'agit pas de dire que les autres plaisirs sont malsains, la quantité, le cumul, l'effet cocktail fait le poison. "Tout est poison, rien n'est poison ; c'est la dose qui fait le poison." Paracelse.



Ces conseils ne sauraient remplacer l'avis et le diagnostic d'un médecin.


Auteur : Aurélia Basso-Peressut, naturopathe certifiée d'Etat. Tél : 06.84.47.39.11