• Aurélia Basso

Zoom de votre naturopathe sur : Le café

Dernière mise à jour : sept. 6



SOMMAIRE

1. Petite botanique et étymologie du café

2. L'Origine du café

3. Le succès grandissant du café

4. Les bienfaits du café

A) La caféine

B) L'intérêt du café ne réside pas (uniquement) dans la caféine

5. Les méfaits du café

6. Conclusion


1. Petite botanique et étymologie du café


Coffea L. de son nom commun caféier, est une plante appartenant à la famille des Rubiacées qui regroupe plus de 120 espèces différentes présentes sur les sols d'Amérique Latine, d'Afrique et d'Asie. Coffea arabica et Coffea canephora (respectivement arabica et robusta) sont les deux espèces dont les fruits sont utilisés pour préparer la célèbre boisson.



2. L'Origine du café


Les fables sur l'origine du café sont nombreuses, mais la légende la plus répandue prendrait sa source en Éthiopie, au travers d'une histoire de chèvres revigorées après avoir ingéré le fruit du caféier. En Europe, la première description botanique du café serait attribuable en 1574 à Charles de l’Écluse, médecin et botaniste flamand (1526-1609). Dans le langage courant, le "kawa" vient de l'arabe قهوة qahwah ou qawa prononcé "cahoua". Le mot "café" n'est utilisé en France qu'à partir du XVIIe siècle.



3. Le succès grandissant du café


Le succès du café à travers le monde est sans conteste. La production mondiale (en volume) a augmenté de plus de 60% depuis les années 1990 (1). Preuve en sont les nombreuses entreprises qui en font commerce : vente de cafés, de produits autour du café pour le préparer, le servir, le déguster, explosion des coffee shop et des chaînes comme Nespresso, Starbucks ou encore Colombus café & Co. A chacun son positionnement marketing savamment étudié pour toucher son cœur de cible. Si la notion de plaisir tient une place importante, le café est aussi en parfaite adéquation avec les exigences de la société moderne : réactivité, performance, dynamisme. C'est ce qui en fait son succès.



4. Les bienfaits du café

A) La caféine


En effet, le café contient des composés phytochimiques* dont la célèbre caféine (stimulant psychotrope) en plus ou moins grande quantité selon son mode de préparation et l'origine botanique de la plante utilisée :


Le mode de préparation : Le café filtre est plus riche en caféine que le café expresso. Le café le plus faible en caféine est le café instantané soluble.


L'origine botanique : La café robusta est plus riche en caféine que le café arabica (2 fois plus).


La caféine est réputée depuis longtemps pour agir sur l'état d'éveil, la vigilance, la mémoire et pour augmenter les performances physique.


Des études épidémiologiques ont suggéré que le café peut exercer de multiples effets sur le tube digestif, notamment des effets antioxydants, anti-inflammatoires, anti prolifératifs sur la muqueuse, et des effets pro-motilité sur les couches musculaires. Cependant, si les études prouvant les effets du café sur le système nerveux central et le système cardio-vasculaire sont nombreuses, la quantité d'études sur les éventuels effets bénéfique du café sur le tractus gastro intestinal sont encore à l'heure actuelle trop restreintes pour aboutir à une conclusion formelle (2).

D'après une revue générale de 2017 des méta-analyses de plusieurs résultats de santé, la consommation de café (sur une consommation moyenne de 3 à 5 tasses par jour) serait plus bénéfique pour la santé que la non consommation de café (3). A noter que ces résultats pourraient être transposables dans une certaine mesure au thé, notamment au thé vert qui contient de la théine (équivalent de la caféine) et qui est réputé depuis longtemps pour ses vertus antioxydantes.


B) L'intérêt du café ne résiderait pas (uniquement) dans la caféine



Les résultats d'une étude de 2020 (3) indiquent que les composés phytochimiques autres que la caféine semblent être à l'origine de la plupart des propriétés bénéfiques du café. Comme dans de nombreux aliments (brocoli, betterave, baies, grenade, curcuma etc.) les polyphénols et les acides phénoliques représentent une part importante des composés phytochimiques dans les grains de café. Ils induisent un stress cellulaire qui entraîne l'activation d'une réponse adaptative de défense cellulaire via l'activation du système appelé Nrf2, déclenchant une augmentation de l'expression des antioxydants dépendants de Nrf2 et d'autres gènes cytoprotecteurs.** Des essais contrôlés randomisés ont révélé une meilleure préservation de l'intégrité de l'ADN après plusieurs semaines de consommation de café. Les polyphénols et d'autres composants non digestibles du café tels que les polysaccharides, ont la capacité de modifier la composition et la fonction métabolique du microbiote intestinal (comme d'autres végétaux). Reste à découvrir si ces effets sur le système intestinal contribuent aux propriétés bénéfiques du café.



5. Les méfaits du café


Le café après torréfaction contient :

  • La caféine, un alcaloïde*** purique, ce toxique est produit par la plante à micro-dose comme un déchet et non pas comme un produit de réserve

  • L'acide cafétanique, sclérosant des muqueuses

  • L'acide quinique qui est un alcaloïde composant de la nicotine

  • Des acides dont l’acide oxalique

  • Des hydrocarbures cancérigène

  • Des phénols

  • Des furfurols qui sont épileptisants

  • Des pyrogallols qui altèrent les néphrons, et les globules blancs

  • Le trichloréthylène est un solvant contenu dans le café décaféiné qui est réputé mauvais pour le cœur

La caféine est un alcaloïde qui s’oppose à l'action de l'adénosine (4) dont le rôle est de réguler l'activité de certains neurotransmetteurs. C'est un neuromodulateurs qui inhibe partiellement l'activité nerveuse. La structure de la caféine est proche de celle de l'adénosine. Elle peut se fixer sur le récepteur de l'adénosine mais son effet excitant se manifeste par une inhibition de l'effet tranquillisant naturel de l'adénosine.



Le café qui clos le repas ou accompagne un petit déjeuner a des répercussions nocives sur la digestion. En outre, le café acidifie l'organisme. Si vous êtes adepte du bon petit déjeuner à la française avec un café (encore pire avec du lait et/ou du sucre), un jus d'orange, du pain, du beurre et de la confiture, vous pouvez être sûr de déclencher une bombe nucléaire dans votre estomac. Vous pouvez être sûr également d'avoir un coup de pompe dans la matinée ou l'envie de grignoter quelque chose avant l'heure du repas de midi.


Autre moment où le café est a éviter : le soir. Il va perturber l'endormissement et affecter la qualité de votre sommeil. Si boire un café le soir ne vous fait rien, sachez que votre organisme ne réagit plus normalement à la caféine et que ce n'est pas une bonne nouvelle.


Lorsqu'un buveur de café arrête le café, la crise de manque de caféine survient environ entre 12h et 14h après. Elle se manifeste par de la fatigue, de l'apathie, de l'anxiété et un mal de tête. Ces symptômes disparaissent environ au bout de 9 jours.


Quelques situations où je vous déconseille le café :

  • Lorsque vous souffrez de maux d'estomac : d'ulcère, RGO, hernie hiatale.

  • Lorsque vous êtes sensible et/ou sujet à des troubles cardiaques type tachycardie.

  • Lorsque vous souffrez d'anémie. La caféine bloque à 90% l'absorption du fer.

  • Lorsque vous souhaitez perdre du poids et que vous sucrez votre café. Un par jour ça peut passer, plus, vous augmentez votre glycémie, vos coups de pompe réactionnels et le besoin perpétuel de reprendre un café pour tenir toute la journée.

  • Lorsque vous êtes surmené, épuisé. Cela peut paraître contradictoire, mais en réalité c'est parfaitement logique, voici pourquoi : Le café est un excitant, un stimulant, il va fouetter vos glandes surrénales pour vous faire démarrer la journée. Vous avez beau vous fouetter, vous n'en êtes pas moins fatigué. A la longue, si vous ne prenez pas le temps de vous reposer vraiment, vous risquez d'épuiser votre organisme et de vous crasher en burn-out sans comprendre ce qu'il vous arrive. A ce stade, vous n'arriverez plus a vous lever le matin et votre café ne pourra plus rien pour vous.

  • Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez. Par précaution, mieux vaut s'abstenir ou limiter fortement sa consommation si on ne peut pas s'en passer.

  • Si vous souffrez d'ostéoporose, surtout si vous êtes une femme.


Consommé à dose raisonnable et à un moment opportun, le café a un intérêt et des avantages indéniables. Gardez-le comme une boisson de plaisir et évitez à tout prix d'en faire une béquille pour pouvoir suivre le rythme de journées infernales, car vous finirez par être perdant.



6. Conclusion


Le café est un mélange complexe et variable de nombreux composés dont les effets peuvent différer selon leur origine, leur traitement, leur biodisponibilité et leurs éventuels effets synergiques et/ou antagonistes. La façon dont est cultivé, récolté puis transformé le café à un impact important sur sa qualité et sa potentielle nocivité pour le corps humain (pesticides, solvants etc...). D'autre part, votre hygiène de vie influencera les effets à long terme du café sur votre organisme. Fumez-vous ? Faites-vous du sport ? Êtes-vous stressé ? Mangez-vous tous les jours des fruits et légumes frais ? Comme toujours, la santé est un tout. Aussi, le café doit être consommé raisonnablement et de façon raisonnée pour en tirer tous ses bienfaits.



Auteur : Aurélia Basso-Peressut, naturopathe à Lyon 5



*composés naturels d'une plante

** un alcaloïde est une substance naturellement émise par une plante pour se défendre d'une menace

***protecteurs de la cellule


(1) https://www.ico.org/documents/cy2020-21/ed-2358f-overview-cdr-2020.pdf

(2) https://www.mdpi.com/2072-6643/13/1/88/htm

(3) https://www.bmj.com/content/359/bmj.j5024

(4) https://www.mdpi.com/2072-6643/12/6/1842/htm

(5) https://www.news-medical.net/health/Adenosine-Pharmacological-Effects-(French).aspx